Comité d’investissement extraordinaire – 11/03/2016.

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Présents : Thierry, Laurent, Jacques, Dennis, Bart, Hervé.

Absent : M-C

Vu la volatilité sur les marchés européens, le comité s’est réuni en réunion extraordinaire ce 11 mars.

Jeudi 10 mars : la BCE annonce des taux encore plus bas (-0.4%) et encore plus d’achats d’obligations (60 > 80 mlds). Du coup, les ordinateurs-robots projettent le Stoxx50 à +3.44% à la vitesse de 0.17% par seconde. Et à la fin de la journée, l’indice clôture dans le rouge à -1.51% ! En même temps, l’Euro fluctue dans une fourchette de 3.50% et finit la journée en hausse de 1.62% contre le dollar, alors que le but était de le faire baisser… Exactement le même scénario qu’au Japon quelques semaines auparavant.

Vendredi 11 mars à l’ouverture : surprise, les bourses européennes ouvrent à +3%, ne fluctuent plus trop, et clôturent entre +3 et +5%. L’Euro faiblit un tout petit peu (0.28%).

Alors, que s’est-il passé ??

On dirait que les ordinateurs-robots sont tombés en panne et que les humains ont repris la main. Ils ont dû ré-écouter la conférence de presse de Mario Draghi. Ce matin, on lit un peu partout que Draghi a « surpris » les marchés. La possibilité d’acheter du corporate debt n’était pourtant pas vraiment une surprise; ça fait longtemps qu’on en parlait. Ce qui était un peu moins anticipé, c’était la mise en place des TLTRO pour que les banques souffrent un peu moins des intérêts négatifs, et pour les inciter à octroyer plus de crédits (faire passer l’argent virtuelle de la BCE dans l’économie réelle).

Les TLTRO écartent ainsi encore une fois le risque systémique des banques, ce qui une très bonne chose. Mais octroieront elles forcément plus de crédits ? C’est une autre question… Il faut d’abord qu’il y ait une demande de crédit. Dans la situation morose actuelle, peu d’entrepreneurs ont envie d’investir.

En ce qui concerne l’inflation « version banques centrales » que la BCE veut rallumer ; aussi longtemps que le prix du pétrole reste bas et que le chômage empêche des hausses de salaires, l’inflation restera absente en Europe.

La BCE a apparemment surpris les marchés, alors qu’est-ce qu’on fait en tant qu’investisseur, gestionnaire et asset allocator ? Nous sommes des investisseurs qui voulons gagner de l’argent quand tout va bien et surtout ne pas (trop) en perdre quand ça va mal. Vu la situation actuelle, nous n’avons pas investi notre budget actions à 100%.

La question est donc « faut-t-il augmenter ou diminuer l’exposition aux actions ?

 Pour répondre à cette question, il faut voir qu’est-ce qui pourrait faire monter les cours des actions européennes à court terme.

  • L’amélioration des marges bénéficiaires des sociétés 
  • Les mesures de la BCE, qui visent à diminuer les spread entre le corporate et la dette souveraine, pourraient favoriser les grandes entreprises qui pourront à l’avenir emprunter à un coût encore moindre. En pratique l’achat des obligations corporate se limitera à du papier allemand et français, car ce sont les 2 pays qui ont un marché de crédit assez liquide pour répondre à la soif de la BCE.
  • Un Euro encore plus faible serait une bonne chose pour nos exportateurs. A notre avis il restera faible avec toutes les incertitudes qui pèsent sur le moral des troupes : le brexit, le retour de la Grèce, Mme Merkel qui risque d’être noyée par les réfugiés…
  • La diminution du chômage: On oublie que les jobs (s’il y en a) deviennent de plus en plus précaires, et on est déjà content si le chômage n’augmente plus. Quand les grandes sociétés vont faire plus de bénéfices, cela ne veut pas automatiquement dire qu’ils embaucheront massivement…
  • La relance de la consommation (la demande) : avec un chômage élevé et aussi longtemps que le classe moyenne ne se porte pas mieux, la consommation ne démarrera pas de manière significative. La situation actuelle, le « new normal », incite plutôt à épargner, car tout le monde sait (ou devrait savoir) que dans un avenir très proche, les fonds de pension ne seront plus capables de payer nos pensions. Et puis l’ère où on achetait ce qu’on avait pas besoin avec de l’argent qu’on n’avait pas, est bien fini.

Incidence sur le Portefeuille de NOVACAP Global Strategy

Lundi nous avions mis des ordres « stop buy » sur l’ETF Short Stox50 pour protéger le portefeuille. Les limites n’ont pas étés atteints. L’exposition nette aux actions est donc restée à 34%.

Aujourd’hui nous manquons de la visibilité pour décider d’une hausse ou d’une diminution de l’exposition. En plus, nous ne savons pas ce que la Fed va annoncer le 16 (probablement un status quo) et comment les marchés vont réagir. En attendant, nous décidons de garder l’exposition « nette » à 34% (*). Lundi nous allons voir si c’est opportun d’augmenter éventuellement l’exposition à 40% via des trackers sur l’Eurostoxx 50.

L’exposition nette au Dollar US (fonds USD et forwards) reste inchangée à 32%.

(*) Exposition « nette » aux actions = les fonds long-only (full invested) + positions real estate + commodities + la moitié des fonds mixtes et long/shorts – les positons short et ETF Vix.

 

 

 

Jacques Bossuyt                                                         Laurent Van den Eynde

 

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